Pour ma ma part, elle a déjà eu son lot d'émerveillements et de tragédies. J'espère simplement que pour la suite, elle va m'épargner d'un trop plein d'émotions. Bref!
Comme cela faisait un petit moment que je n'avais plus posté un de mes textes ici, et que cela ne va sans doute pas changer d'ici encore quelque temps=> Dès que je termine ma session: poursuite des corrections pour Chevalier Errant et pour le prochain Itinéraires - Bourreaux & Assassins; je mets ici un début de nouvelle originellement conçue pour l'AT Westerns d'Encre Dansante, mais que je n'ai malheureusement pas su finir à temps. Un "westerns" quelque peu culinaire...
Je posterais la suite d'ici une semaine, et puis sais-t-on jamais peut-être que les retours me donneront l'étincelle pour la finir.
En tous les cas, bien à vous!
Une bourrasque languide battait la plaine. C’était en effet une impression étrange qui régnait dans l’atmosphère, semblant mêler des choses ordinairement opposées.
Le vent frappait avec une espèce de force tranquille, charriant diverses particules meubles au ralenti. La poussière planait comme si prise d’une torpeur soudaine tandis que l’astre diurne, lui, brillait sans rémission, dispensant sa chaleur presque avec cruauté.
Les pieds enracinés dans le sol aride, surface de pierre et de sable, les deux adversaires se mesuraient, la sueur embuant leurs regards farouches et assassins. Il semblait que l’univers s’était arrêté un instant, juste pour eux.
L’un, courtaud, le cheveu crépu et le teint basané, était vêtu d’un jean sale et délavé, qui sentait la sueur rance et le cheval crotté. Sa chemise était d’une couleur qui avait difficile à se rappeler qu’elle fut blanche autrefois. Sa jaquette sans manche était de pur cuir bouilli, et semblait avoir en outre été mâchée. Toutefois, le plus curieux dans cette contenance trapue et ramassée était sans doute l’expression du visage. Une contorsion presque impossible des muscles faciaux et jugulaires qui se devait, selon toute vraisemblance, d’être très douloureuse. Sur ce visage en folie, se lisait distinctement un sentiment de haine. Celui-ci était-il aux prises avec l’amour ? Le désir ? Le pardon ? La jalousie ? La gourmandise ? Cette question était impossible à satisfaire, surtout pour celui qui ne connaissait pas toute l’histoire…
L’autre, grand, parfaitement chauve, portait un bouc roux strié de gris. Sa peau était d’un brun magnifique et tout à fait uniforme. Ses yeux gris, intelligents, semblaient vouloir désespérément cacher un amusement sournois. Il portait lui aussi un jean, mais contrairement à son vis-à-vis, le sien était impeccable, d’un bleu presque surnaturel dans ce lieu désolé. Sa chemise blanche luisait sous son manteau intégralement noir relevé d’un surcot d’hermine et doublé de samit grenat. L’homme était extrêmement propre sur lui, surtout à la vue des circonstances. Il semblait que le désert n’avait pas prise sur sa personne. Un seul bémol cependant, la sueur abondante qui perlait sur sa tête et son visage.
L’homme s’était découvert, son chapeau reposait pas très loin de lui sur le sol, jeté en un geste délibéré. Car il était un gentilhomme et pour lui, un duel se devait d’être parfait, dans la manière comme dans la forme.
La tension monta d’un cran.
Le soleil sembla plus ardent.
Les yeux gris de l’homme déchiffrèrent sur le visage de son ennemi que ce serait pour bientôt. Il approcha alors une main nerveuse sur son colt d’argent, un véritable objet d’art et pourtant fatal — présent d’un amour tragique — qui lui avait sauvé la vie plus de fois qu’il ne pouvait compter.
— COOK !!! Je t’aurais !
La plainte, car c’était bien une plainte, déchira l’atmosphère tandis que celui qui venait de l’éructer se laissait choir sur ses genoux. Et c’étaient les premières larmes que déversait cette âme sombre. Ce tueur à gages connaissait pour la première fois des sentiments nobles tels l’amour, l’admiration et le pardon.
Reynold Cook, ancien capitaine de cavalerie, laissa échapper un soupir de soulagement avant de tout à fait se détendre, de se baisser pour ramasser son chapeau, l’épousseter et reprendre son chemin vers Cerventem.
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