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Mots de paix, mots de rage, mots de colères, mots d’amour, mots de haine, mots de vérité et de mensonge.

J’écris pour l’éclat improbable de déraison logique, de pensée contradictoire, de métaphore absolue, de signifié signifiant, de beauté inutile !

J’écris pour le triomphe de la vie, qui n’a de sens que dans l’omniprésence de la mort…

J’écris pour l’absurde intelligible.

Et comme il y a deux siècles les disciples du Parnasse, j’écris… pour la beauté du geste !

Alsem WISEMAN



PS : Je fais une pause dans la mise à jour d'Allégeance jusqu'à fin juin. À ce moment-là, je compte faire la correction de ce que j'ai écrit de l'aventure jusqu'ici et proposer le tout à la lecture en fichier pdf qui sera agencé de quelques croquis de personnages faits par moi ^_^
 


Lundi 19 mai 2008

Tout cœur qui bat ne vit

Cristal tout ce qui brille

La vie ne se résume

Au sang qui dégouline

 

Tout cœur qui bat ne vit

Amour tout ce qui sourit

La liesse souvent s’abime

Quand la façade s’anime

 

Tout cœur qui bat ne vit

Vrai tout ce qui reluit

Les diamants dans la fange

Et les démons, des anges

 

Tout cœur qui bat ne vit

Les yeux rieurs, on dit

Peuvent cacher des larmes

Maux charnels de l’âme

 

Tout cœur qui bat ne vit

Et dans le sien, quel vide

Il sait le monde avide

Dans le supplice, sourit

 

Tout cœur qui bat ne vit

La mécanique s’acharne

Ce souffle qui s’impose

Mais lui n’est plus ici…

par Alsem recommander communauté : Poésie française publié dans : Poèmes
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Vendredi 16 mai 2008

Robert Charles Wilson était un inconnu pour moi. Car si je peux me déclarer un amateur de SFFF[1] , je dois avouer que j’ai toujours privilégié plus la Fantasy et le Fantastique par rapport à la Science Fiction. Aussi, mes lectures y sont bien évidemment moins importantes en termes de proportion (Arthur C. Clarke - Odyssée de l’Espace, un ou deux Isaac Asimov sur Fondation, et un peu plus récemment Fahrenheit 451 de Ray Bradbury, alors qu’en comparaison ma liste de Fantasy (surtout) et de Fantastique serait tout simplement trop longue à citer). Cela dit, j’aime de temps à autre me plonger dans un univers SF, car j’aimerais bien un jour pouvoir écrire dans ce domaine aussi.

Ayant reçu ce livre en téléchargement libre par le site de l’éditeur Américain Tor Doherty, et lu une critique assez grandiloquente à son propos, un livre qui aurait reçu le prestigieux Prix Hugo, je me suis dit que ce serait une bonne occasion pour moi de découvrir ce qui se fait actuellement dans la SF. Je n’ai pas eu tort !

Je ne vais pas parler de la teneur de l’histoire, ce serait vous gâcher tout le plaisir, mais bien de son impact.

Quand je lis un livre, j’ai plusieurs sources contentement, si je puis dire. Parfois, il peut s’agir de la manière dont l’auteur agence les mots, leur donne vie dans sa prose, en dépit même de l’histoire. Il peut aussi s’agir de la manière d’agencer les événements dans l’histoire. Comment le récit est-il amené ? Comment l’auteur gère la chronologie, le suspense, les cliffhangers  [2] ! Est-ce une histoire linéaire ou alors une aux pistes croisées et contorsionnistes ? Enfin, le dernier plaisir d’une lecture chez moi, c’est bien entendu l’histoire elle-même, sa teneur, son propos !

Si Robert Charles Wilson a su m’épater, c’est tout d’abord sur ce dernier point !

J’ai en effet lu plus fine prose, si je le compare par exemple à des grands comme Gene Wolfe ou Stephen R Donaldson. Ceci dit, son écriture possède tout de même beaucoup de poésie, de sensibilité et même de subtilité.

L’histoire est racontée par Tyler Dupree, comme un mémoire, mais qui n’est pas tout à fait linéaire. C’est le récit de la vie quotidienne d’une génération face à un phénomène extraordinaire. Un compte rendu intimiste aux proportions pourtant colossales.  

Ce que j’ai aimé le plus dans ce livre, c’est le rendu réaliste des faits pourtant prodigieux, ceci étant réussi grâce à l’approche très humaine du protagoniste qu’est Dupree.

L’histoire se passe dans un futur proche, très proche, et il en résulte des hypothèses, des questionnements qui ne peuvent que nous interpeller. Ultimement, je dirais que Spin est une œuvre très humaine. L’on y gagne certainement à lire ce roman !

Note : 8,5 / 10

Info version française :

Auteur

 

Robert Charles Wilson

Editeur

Denoël

 

Date de parution

15/02/2007

 

Collection

 

Lunes D'encre

Format

14 cm x 21 cm

 

ISBN

2207258041

 

Illustration

Pas d'illustrations

Nombre de pages

500

 

 



[1] Science Fiction, Fantastique, Fantasy

[2] Le terme cliffhanger est une expression anglophone qui désigne, dans la terminologie des œuvres de fiction, un type de fin ouverte visant à créer un fort suspense (wikipédia)

par Alsem recommander communauté : SFFF publié dans : BD/Livres coup de coeur
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Mardi 13 mai 2008


Nous n’atteignîmes pas indemnes l’ombre de l’ébauche forestière qui longeait la plage. Du moins, tel ne fut pas mon cas. Arrivé aux trois quarts du parcours nous séparant de cet abri précaire, je fus fauché par une douleur pénétrante qui m’envoya tête la première dans le sable. Une balle m’avait perforé le mollet gauche et brisé tibia et péroné. Je sortis la tête du sable, à la recherche d’air, me tournai précautionneusement afin de ne pas ajouter au dommage déjà reçu, cela pour voir le bas de ma jambe tournée dans un angle improbable, dégorger de sang.

   Courez, Majesté. Je ne peux que vous ralentir à présent. Je vais essayer de me faire un garrot et vous suivre dès que je peux.

Masha ne prit pas la peine de discuter ma décision, elle me tourna simplement sur le dos et entreprit de me remorquer. Une fois de plus, je fus surpris par sa force. Elle était athlétique, c’était indéniable, et presque aussi grande que moi. Cependant, sa silhouette donnait dans le frêle plutôt que le robuste. Son épreuve de force démentit définitivement cette première impression que je gardais encore d’elle.

Quelques instants plus tard, j’étais en sueur, adossé contre un tronc d’arbre, souffrant le martyre.

   Essaie de faire le vide dans ta tête, ne pense à rien. Ne pense à rien…

Croyez-moi, il était difficile de suivre cette injonction. Le manteau d’Eroth faisait à nouveau des siennes, les milliers de nano-machines qui s’étaient à nouveau activés maltraitaient mon corps en s’inspirant des afflictions les plus obscures que mon esprit entraîné pouvait imaginer, toutefois la voix de Masha était incontestablement apaisante.

Éveillés de leur stase, par la douleur sans doute, les particules s’affairaient à nouveau dans mon corps et plus précisément du côté de la fracture ouverte. Sans vraiment trop comprendre, j’eus l’intuition qu’il me fallait agir.

   Puisque vous ne partez pas, aidez-moi donc, Majesté. Il faudrait réduire cette fracture… je n’en suis pas sûr, mais je pense que le manteau est en train de me guérir !

   C’est possible, répondit Masha d’une voix blanche.

Elle se mit tout de suite au travail, après être revenue avec deux bâtons relativement droits en main. Le processus m’arracha un hurlement et quelques râles plus ou moins étouffés. Je me surpris un instant à penser que par une suite de coïncidences comme l’univers sait en créer, j’étais en train de payer les douleurs que j’avais infligées à mes clients durant toutes ces années, aujourd’hui révolues, de mon apprentissage dans l’ORI.

Le combat se poursuivait encore, mais à cette heure ce n’était plus qu’une notion à la lisière de mon esprit. Finalement, j’entendis les coups de feu se raréfier, la violence et l’ardeur s’estomper. Peut-être n’était-ce là que le fruit de ma perception biaisée, puisque l’instant d’après je perdais connaissance.


 

par Alsem recommander communauté : Le Cercle des Passeurs de Rêve publié dans : Allégeance
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Lundi 12 mai 2008

Alors vis-je la structure, qui s’érige fièrement, inlassable,

Dans son immensité barbare et granitique.

Elle parait hors du temps, élusive, immuable,

Même face à ces assauts sanglants et frénétiques.

 

Tel un aigle royal sur son perchoir de roc,

Elle tutoie les sommets avec une humilité digne,

Flegmatique navire dans cette ambiance baroque,

Porteur pourtant fragile d’un espoir qui rechigne.

 

Et, petites chiquenaudes agitées sur ses murs, les hommes,

Insectes mus par une tempête haineuse, trouble, passionnée,

Vocifèrent tels des tigres de cirque brimés et rationnés.

Ils espèrent sur autrui ce qu’ils craignent pour eux-mêmes ;

 

Ils espèrent et ils pleurent, le cœur au bord des lèvres,

Et pour peu, on aurait l’envie de les consoler.

Citadelle assiégée, qui de ceux en ton sein ou à lui étrangers

Sont les plus à blâmer ou, au contraire, à plaindre ?

par Alsem recommander communauté : Poésie française publié dans : Poèmes
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