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Mots de paix, mots de rage, mots de colères, mots d’amour, mots de haine, mots de vérité et de mensonge.

J’écris pour l’éclat improbable de déraison logique, de pensée contradictoire, de métaphore absolue, de signifié signifiant, de beauté inutile !

J’écris pour le triomphe de la vie, qui n’a de sens que dans l’omniprésence de la mort…

J’écris pour l’absurde intelligible.

Et comme il y a deux siècles les disciples du Parnasse, j’écris… pour la beauté du geste !

Alsem WISEMAN



PS : Je fais une pause dans la mise à jour d'Allégeance jusqu'à fin juin. À ce moment-là, je compte faire la correction de ce que j'ai écrit de l'aventure jusqu'ici et proposer le tout à la lecture en fichier pdf qui sera agencé de quelques croquis de personnages faits par moi ^_^
 

Lundi 29 janvier 2007

#06 – 1 / #06 - 2 / #06 – 3 / #06 - 4 / #06 - 5 / #06 - 6 / #06 - 7 / #06 - 8


 Puis, se tournant vers Masha, il lui porta sa main au menton et souleva son visage délicatement.

      Que t’est-il donc arrivé, ma fille ?

      Ce n’est rien. Trois fois rien, intervint Mazard. Elle a lutté comme une tigresse avant que l’on arrive à l’arrêter. Elle a tué bien dix de mes hommes…

 L’inconnu dévisagea un moment l’Éminence, cela ne dura qu’un instant mais je reconnus l’odeur acerbe de la mort dans ce regard, puis tout redevint normal. Le prélat ne s’en rendit pas compte sans doute, puisqu’il continua à raconter des frivolités. Il était sur le point d’envoyer Shalina, son amour, chercher des rafraichissements lorsque l’homme mystérieux lui coupa la parole et déclara sa volonté de partir dans l’instant.

 L’inconnu s’abaissa et prit Masha dans ses bras, et mon Empereur ne me parut pas plus fragile qu’en cet instant. Ce n’était plus une jeune femme mais une enfant, simplement une enfant.

      Lève-toi Tourmenteur, me dit l’homme. Cette jeune femme semble liée à toi pour le meilleur comme pour le pire.

      Mais vous ne devez pas vous abaisser à cela… elle peut marcher…un noble tel que vous…

 Les paroles de l’Éminence moururent lorsqu’il se rendit compte qu’on ne lui prêtait plus aucune attention. Mon épaule s’était miraculeusement remise et mon œil droit ne voyait pas encore mais il était entier à nouveau. Serait-ce ainsi le restant de ma vie ?

 Je ne savais plus que penser et me sentais soudain très fatigué alors que je suivais Masha et notre mystérieux sauveur.

 Les rues de Cezarée, comme j’aurais pu m’y attendre, grouillaient toujours d’autant de monde que durant le jour, même si cette population nocturne était d’un genre différent, versée dans des activités encore moins légitimes que celles de sa contrepartie diurne.

 Je remarquais aussi que nous avions quitté les bas-fonds du cercle extérieur pour les quartiers moyennement aisés du second pourtour, mais maintenant nous nous dirigions au cœur de la cité, dans son lieu le plus fastueux. Ici, le minaret auquel on m’avait accroché aurait fait figure de gnome parmi les géants. Les tours étaient d’argent, d’or, de granit, de marbre, de métal ou de cristal. Rivalisant en beauté et en splendeur. À trop les contempler, ma tête s’emplit de vertige, je flanchai, perdis pied et tombai sans pouvoir rien y faire.

      Doucement, mon frère, ce n’est pas encore la chambre à coucher.

 C’était une voix étrange, qui semblait déguisée, mais ce n’était aucunement celle du mystérieux à la redingote. Je tournais la tête et vis un visage plus pâle encore que celui de l’homme, coiffée d’une chevelure d’un blond cendré. Les yeux étaient ambrés, les sourcils marron, c’était un joli visage, mais comme pour Masha, il pouvait être celui d’un homme ou d’une femme.

      Qui êtes-vous ? demandai-je, sans conviction.

 Je sentais mes forces m’abandonner.

      Tout doux, mon frère. Il y aura bien le temps pour les présentations.

 Je pense que j’ai perdu une fois de plus connaissance à ce moment, puisque je ne me souviens de rien avant la douceur moelleuse d’un lit. Le confort presque irréel de me sentir propre à nouveau et entier.

 J’ouvris les yeux et le noble se tenait au dessus de moi. En réalité, il était simplement assis au bord de mon lit, alors que j’étais couché. Son regard était pénétrant, effrayant et rassurant à la fois, ce qui est une pensée somme toute inadéquate, mais c’était bien cela l’impression que j’eus.

      Tu viens de surmonter un traumatisme incroyable, fils. C’est étonnant que tu sois toujours en vie. Mais le danger est passé maintenant. Le manteau ne pourra plus te tuer, même s’il te fera souffrir encore longtemps avant que tu ne le maîtrises parfaitement.

      N’y a-t-il pas moyen de me l’enlever ? demandai-je avec espoir, d’une petite voix éraillée.

      Malheureusement, non, me répond-t-il. Il accompagne son hôte jusqu’à la mort.

 Je ne suivais déjà plus, puisque mes pensées avaient dérivé vers mon Empereur.

      Où est Masha ? Comment va-t-elle ?

      Ne te tracasse pas, jeune Adnan. La jeune femme se porte bien. Elle est forte, c’est dans sa nature. Et il est heureux qu’elle possède un ami tel que toi.

 Jeune Adnan ? Il me connaissait ! Mais d’où ? Et cette impression de déjà vu que je n’arrivais pas à identifier.

      Qui êtes-vous donc ? demandai-je finalement, empli de frustration.

      Appelle-moi simplement, l’homme de Cezarée…

Je sombrais une fois de plus dans l’inconscience.


Fin de l'Acte I ...
Suite par ici (enjoy)...

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Lundi 29 janvier 2007

#06 – 1 / #06 - 2 / #06 – 3 / #06 - 4 / #06 - 5 / #06 - 6 / #06 - 7 / #06 - 8


 Lorsque je dévisageai l’unique personne qui occupait la salle avant notre arrivée, mon cœur manqua un battement. Allongé non loin de moi, se trouvait un homme richement vêtu, c’était Godard. Il avait cependant échangé ses habits de marchand pour ceux de prêtre.

      Tiens, tiens, je vois que tu me reconnais, Tourmenteur ! Revenu du royaume des morts juste pour toi et ta petite chérie.

 Ensuite s’adressant à Corovan.

      N’aurais-tu pu le faire nettoyer quelque peu avant de l’amener dans mon salon ? regarde qu’il abime irrémédiablement ces tapis que mon frère m’a ramenés de la lointaine Afalonga.

 Là, il tiqua, comme s’il venait de commettre une bêtise, et je lus à travers lui. Non, ce n’était pas Godard mais son frère, son jumeaux probablement puisque la ressemblance était si forte.

      Tu comprends vite, Tourmenteur, ou plutôt est-ce moi qui suis maladroit. Mais soit ! Tu as tué mon frère, et pour cela tu mérites les pires châtiments. Je vois que tu survis au manteau…ne sois pas si vite rassuré, ce n’est que le début et ça ne fera qu’empirer et au moment où tu t’y attendras le moins.

 Je ne sais pourquoi, mais dès que je sus l’identité du commanditaire de notre arrestation et ses raisons, son discours m’ennuya et je tournai rapidement mon attention à Masha.

      Que t’ont-ils fait ? Répond-moi, Masha !

 Elle leva timidement la tête et regarda dans ma direction. J’eus un choc en voyant ses yeux bouffis et son visage tuméfié.

      Bande d’enfoirés, hurlai-je alors que je me précipitai sur Godard -le retour.

 Ma tentative fut vaine, puisque mon œil droit explosa comme si l’on m’y avait introduit sauvagement un doigt, mon épaule droite se disloqua aussi, et je m’affalai en hurlant comme un bœuf qui avait survécu au premier coup du boucher.

      Tu devrais le savoir maintenant que toute tentative violente se retournera contre toi. Ne compte pas trop sur la régénérescence. Ce qui arrive dans ton cas est exceptionnel, mais pas indéfini.

      Nous devrions songer à le ramener à Cervantem, intervint Corovan.

      Je suis désolé mon ami, mais ton Général devra encore attendre. J’ai une affaire personnelle à régler avec ceux-ci, d’abord. Tu peux revenir demain matin.

      Mais…

      Godard t’as-t-il laissé tellement d’influence que tu as pris l’habitude de discuter la volonté de tes supérieurs ?

      Comme vous le voudrez votre Éminence.

 Corovan salua en une courbette quelque peu forcée avant de disparaître suivi de ses hommes.

      Shalina, mon amour, je pense que tu peux enfin aller chercher notre hôte.

 Je remarquai seulement alors, le parfum entêtant qui remplissait la pièce et qui ne pouvait provenir que de cette femme. Mais déjà, elle avait disparu de l’embrassure de la porte dérobée par laquelle elle se tenait.

 Quelques instants après, elle revint accompagnée d’un curieux individu.

 C’était un homme d’âge moyen, une quarantaine d’années tout au plus. Le teint exceptionnellement pâle, le visage noble, les cheveux coupés court et au carré. Il portait une redingote bleue nuit au double boutonnage, un pantalon droit de la même étoffe ainsi que des bottes de cuirs d’un noir brillant.

 Son allure était absolument altière. L’opulence de la prestance de l’Éminence Mazard se révélait toutefois fade à côté de celle de cet homme. Il y avait quelque chose à son propos, un certain magnétisme que je reconnaissais sans arriver à me rappeler où je l’avais perçu pour la première fois.

 Mazard s’était levé rapidement et semblait produire activement des efforts pour ne pas paraître moindre que son vis-à-vis.    

      Désolé de vous avoir fait attendre, cher ami. Mais il fallait que je me débarrasse de ce chien de Kaplan avant notre rencontre.

      C’est moi qui vous remercie, Éminence, d’accéder ainsi sans délai à ma requête quelque peu impromptue…Est-ce donc là nos deux tourtereaux ?

      C’est bien eux ! Quelque peu abîmés, je le crains. Mais jusqu’avant que vous ne m’appeliez, ils étaient destinées à un autre sort. Et je dois reconnaître que ce petit service m’a coûté une grande violence sur moi-même, particulièrement en ce qui concerne cet homme. Car sans doute seul un Tourmenteur est capable d’amener un homme à l’état d’épave dans laquelle j’ai trouvé Godard, mon frère.

 Masha sembla vouloir intervenir, mais l’inconnu parla à nouveau.

      Cette dette que j’ai envers vous, cher Mazard, sera d’autant plus grande. Et j’espère que vous le savez déjà, je ne suis pas ingrat envers mes amis. 

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Lundi 29 janvier 2007

#06 – 1 / #06 - 2 / #06 – 3 / #06 - 4 / #06 - 5 / #06 - 6 / #06 - 7 / #06 - 8


 Je m’éveillai au monde une fois de plus. L’odeur de pourriture et de sang m’environnait  de toute part. J’eus du mal à ouvrir mes yeux, mes cils colmataient sous l’effet d’un liquide dont je ne voulais connaître la nature. Me concentrer sur l’extérieur, pas sur moi, sur l’extérieur. J’étais toujours dans la nasse, mais la lumière du soleil n’était plus qu’un feu rouge et morne à l’autre extrémité de l’horizon. Toute une journée perdue donc. Mais cela avait-il encore de l’importance ? J’étais un homme mort… l’extérieur, pas sur moi !

 C’est au balancement et au grincement des poulies que je compris que l’on me descendait de mon perchoir. J’allais enfin savoir qui était l’auteur de ma présente condition. L’opération prit quelques minutes avant que je ne puisse toucher le sol. J’étais vraiment très haut perché, et le mécanisme était manuel. Le groupe d’hommes à la base qui manœuvraient la nasse soufflaient comme des bœufs lorsque leur chef vint personnellement me sortir de la cage. Je n’étais certainement pas si lourd, mais la nasse, elle, certainement.

 Je fus un peu étonné de constater que le chef en question n’était personne d’autre que Corovan.

      Alors, on fait moins le malin, maintenant, hein ?

      Hmpf

 Ce fut tout ce que je pus sortir de ma bouche, ma gorge était douloureuse encore, même si apparemment ma langue était toujours en place. Il y avait aussi des douleurs dans mes bras et mes jambes, des fourmillements sous ma peau, mais j’étais entier. Mes vêtements pourtant me faisaient facilement passer pour un boucher sorti tout juste de l’abattoir. Ils regorgeaient de sang, de liquide lymphatique, de morceaux de peaux et de chairs, et même de débris d’os.

      Aller viens par ici ! Bon sang, c’est tout de même impressionnant que tu sois toujours en vie. Ce n’est pas exactement ce qu’il a dit qu’il se passerait…

      Qui ? demandai-je d’une voix enrouée.

      La ferme et suis-moi.

 Le bâtiment au pied duquel nous nous trouvions était semblablement un complexe d’érudits de foi malahone. Les disciples de l’homme venu du Désert, Malahon, le prophète d’As. Je comprenais de moins en moins ce que Corovan pouvait attendre de nous. Ce n’était apparemment pas la vengeance pour la mort de Godard.

      Où est Masha ?

      Je t’ai dit de te taire. Tu ferais mieux de suivre mon conseil. S’il ne tenait qu’à moi, ce serait six pouces d’acier que tu recevrais dans la panse sans autre forme de procès.

      Ils seraient bienvenus, mon ami. Plutôt que cette monstruosité d’Eroth que vous m’avez fait porter. Où est Masha ? Je suis un homme mort de toute façon, alors ça change quoi si tu me le dis ou pas ?

      Je ne te dirais rien, et je sais que ça te fait souffrir. J’y trouve mon plaisir. Je t’avais promis : tu ne perds rien pour attendre. L’heure de ma promesse c’est maintenant et je la savoure amplement.

 L’homme était véritablement en train de jouir de cet instant. C’était la seule chose qui le différenciait d’un frère Tourmenteur, mais c’était une chose capitale. Nous étions neutres dans l’affliction de nos familiers. Sans joie et sans regrets, nous tourmentions. Je me demande parfois, des deux, laquelle est la perspective la plus effrayante.

 Toujours est-il qu’après tours et détours dans les corridors infinis de cet immense immeuble, nous débouchâmes sur une pièce de taille moyenne, sobrement mais esthétiquement fournie.

 Assise sur une chaise à accoudoirs à laquelle elle était enchaînée, Masha restait le regard baissée tel un animal vaincu.

      Que lui avez-vous fait ? déclarai-je contrôlant au mieux ma peur.

      La ferme !

 Corovan me dit cela en me poussant violemment dans un coin de la salle. Il y avait une grande table de chêne d’un côté avec des tabourets tout autour. Cependant le plus grand de la pièce était arrangé à la manière des Aridols, avec des tapis veinés de motifs calligraphiques recouvrant le sol comme les murs. Des cousins et des matelas ainsi qu’une table très basse venaient compléter le décor. Je m’effondrai donc sans trop me faire de mal ma chute ayant été amortie par les tapis et un cousin.

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Lundi 29 janvier 2007

#06 – 1 / #06 - 2 / #06 – 3 / #06 - 4 / #06 - 5 / #06 - 6 / #06 - 7 / #06 - 8

 

Eroth était un grand maître de la Guilde des Tourmenteurs, bien avant que celle-ci ne soit au service de l’Empereur et qu’elle ne soit renommée Ordre Rouge Impérial. Bien avant que le trois fois glorifié n’ait posé les fondements de son domaine, dans l’époque reculée de Barbarie où seule dans Sharim la peur qu’inspirait notre corporation permettait un soupçon d’ordre et de justice.

 Or il s’avéra que la reine de l’époque fut accusée d’adultère par son roi. Pareille trahison ne méritait qu’une seule sentence : la mort. Mais l’accusation, bien qu’elle fût faite par la plus haute autorité se devait d’être supportée par une justification. La reine n’avouant rien et étant de la plus haute noblesse ne pouvait être torturée. Il ne restait donc que son amant présumé. Ce dernier n’était autre que l’un des pairs d’Eroth, un maître Tourmenteur. Il se nommait Samath.

 On le questionna des heures, des jours, des mois, il n’avoua jamais rien.

 Eroth était placé dans une situation délicate. Si l’an passait sans que la justice ne soit rendue, l’opprobre tomberait irrémédiablement sur la maison royale et toute sa descendance. Ce qui signifiait une amorce lente mais certaine vers la décadence du royaume tout entier. Et en ce qui concernait la Guilde, elle devait se laver de tout lien avec ce membre défectueux qu’était Samath. Pourtant avec ces longs mois que dura la question, il se murmurait dans les rue de Cervantem, qu’Eroth ménageait son collège, que l’on ne découvrirait sans doute jamais la vérité, puisque les Tourmenteurs protégeaient les leurs.

 La vérité était tout autre, pourtant. Samath résistait à la question puisqu’il en connaissait toutes ses routines. Il était impossible de lui soutirer la vérité sinon le tuer et le laisser l’emporter dans sa tombe. Ce qui n’était pas non plus une option.

 Alors Eroth dans son immense génie, confectionna ce qu’on appela plus tard un manteau. En réalité, c’était bien plus que cela. Une matière qui une fois mis en contact avec le familier ne faisait plus qu’un avec lui. C’était bien plus qu’une seconde peau puisqu’elle se connectait à la psyché même de l’individu. La matière allait chercher en lui ses plus grandes peurs et les manifestaient. C’était un fléau pour un Tourmenteur, puisqu’il faisait que ce dernier tombe en victime impuissante à son propre art.

 L’histoire me revint en une fois ainsi qu’une vague à la marée. Je vis alors ma peau s’écorcher ; cette douleur je ne la connaissais que trop bien, si poignante, si vive, si vraie qu’elle était enivrante. Mes larmes coulèrent mêlés à mon sang alors que je m’abandonnais à un cri provenant des tréfonds de mon être. 

 Ma raison en lutte avec la folie de ma peur, je savais que ma seule chance pour survivre était de rester serein, chercher en moi le calme, l’impassibilité, ne pas penser aux diverses méthodes que l’on m’avait inculqué pour devenir Tourmenteur. C’était peine perdue.

 L’on ne peut dire à son esprit de ne pas penser à quelque chose, le seul fait de songer ainsi nous amène à ce que l’on cherche désespérément à éviter. La constatation créa un sursaut d’effroi en moi. Je sentis ma langue se déchirer lentement mais surement. Et soudain l’on m’arracha le jour dans un dernier éclat couleur pourpre. Parmi les diverses douleurs, je perçus ma virilité se sectionner bien à sa base, mes os des bras et des jambes se briser comme si l’on s’apprêtait à me placer sur une roue de torture. Le tourment était infini, dura indéfiniment. Ce n’est que bien longtemps après que je me perdais à nouveau et avec reconnaissance dans les ténèbres absolues de l’inconscience.

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