#01 / #02 / #03 / #04
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Salutations à toi cher ami ! Nous n’avons pas eu l’occasion de nous présenter. Pourtant, il est
du devoir du capitaine de connaître chacun des hommes et des femmes à bord de son vaisseau, le savais-tu ? Et chaque passager doit connaître le capitaine. Je m’en vais donc réparer ce
manquement de suite. Je suis Achilthor d’El Shazar, Capitaine de la Brume Scintillante.
—
Salut, moi je suis le Grenadier Tshim, Adnan Tshim.
—
Un Grenadier solitaire ? s’étonna-t-il. Philéas possède bien de surprises et d’amis
étranges…
À cette remarque, je ne pus m’empêcher de rire, avec un soupçon d’ironie. À vrai dire, de nous deux,
je ne pensais pas être le plus étrange.
—
Parlant d’étrange, me dit-il tout bas, je ne pensais pas rencontrer un manieur de peau dans cet
ère.
—
Que voulez-vous dire ? fis-je, quelque peu rétif, j’en avais assez de rencontrer tout des gens
dont je ne savais rien mais qui semblaient me connaître mieux que moi-même.
—
Mais tu vois ce que je veux dire, n’est-ce pas ? Le cadeau empoisonné de notre ami Eroth,
finit-il avec un clin d’œil.
Il partit d’un autre rire retentissant avant de reprendre son sérieux et me dire :
—
Je comprends ta réticence, ce ne sont pas des choses dont il faut parler à la légère. Mais détend-toi,
le ciel est clair, le soleil lumineux, la brise douce. C’est un temps où l’on n’a guère le choix que d’avoir le cœur léger. As-tu déjà traversé l’Étroite Mer auparavant ?
—
Oui, dis-je, mais par bateau et il y a bien longtemps.
—
Hum, la meilleure manière en effet de faire sa connaissance. J’avoue que je n’en ai jamais eu le
courage. J’admire l’eau, mais cette matière me terrifie dès qu’il s’agit de grandes étendues. Une phobie héritée d’un traumatisme durant mon enfance, vois-tu ? Ah, je ressasse, je ressasse…
Il faudra savoir m’arrêter cher Adnan, sinon je suis bien capable de parler pendant une semaine sans m’arrêter, et que d’histoires passionnantes. Ma mère me disait toujours que j’étais un peu
trop hâtif.
Je l’écoutais à peine, néanmoins, sa voix portait en elle une mélodie qui, bien malgré moi,
m’enchantait. Soudain je voyais le monde sous une perspective plus riche et surtout plus heureuse.
—
Depuis combien de temps, penses-tu que l’homme ait désiré régner sur les cieux ?
—
Très longtemps, je suppose.
—
Ah ! tu supposes bien, mon ami. Depuis si longtemps en effet, que l’on pourrait dire que c’est
depuis toujours. Il est même une légende qui dit qu’en vérité l’homme fut créé avec l’habilité de voler, il ne la perdit qu’ensuite. Et nul n’en connaît la cause exacte.
—
Une fascinante perspective, concédai-je.
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