#Suite des aventures de notre charmante profiler métamorphe Auriane Shewolf ou tout simplement Louve...
Si vous venez de débarquer le début est ici
Pendant qu’il parlait de ce ton rassurant, Auriane se retrouva à marcher à ses côtés dans un jardin des plus magnifiques. Il y existait tous les tons de couleurs, du vert omniprésent et varié, au rouge vif passant par l’orange, le bleu et le violet. De grands arbres s’érigeaient ici et là, laissant de la place à des plantes plus petites qui pullulaient jusqu’à l’horizon incertain. Elle se perdit sans s’en rendre compte dans la contemplation de l’endroit, oubliant d’écouter ce que le soi-disant Eden avait à lui dire.
- Aussi vois-tu, disait-il.
- Pardon ? répliqua-t-elle d’une voix absente.
Elle semblait sous l’effet d’un puissant euphorisant.
- Excusez-moi mais je n’ai pas suivi la fin, fit-elle avec un sourire presque godiche.
- C’est moi qui vous demande pardon, j’aurais dû me douter que ce paysage aurait des effets néfastes sur votre capacité au jugement. En cette heure périlleuse, vous avez plus besoin de vos facultés que de bien être.
En un battement de cil, ils se retrouvèrent en plein centre de Xertès. Aussi soudainement, Auriane retrouva toute sa lucidité et la première chose qu’elle constata est qu’ils n’étaient pas à Xertès mais un simulacre de la ville. L’air y était bien trop pur et les gens qui grouillaient n’étaient que des ombres.
- Je disais donc. Nous sommes tous deux en grand danger. J’ai fait une erreur monumentale, il y a quelques siècles. Et celle-ci a mené au fait que le récipient de mon âme, ce que vous appeler l’Orbe d’Eden, s’est retrouvé parmi les hommes. Cela a brisé l’équilibre car désormais Shéol, mon ennemi pouvait s’emparer de moi sans que je ne puisse rien faire et ainsi étendre ses ténèbres sur le monde dans son entièreté. Mais pour cela il a besoin d’un catalyseur. Un humain qui lui permette par sa seule présence de manipuler l’Orbe. Ton frère était un de tel. Le jour où l’Orbe est tombé entre ses mains, Shéol l’a enlevé pensant que je m’étais refugié dans son corps. Et il s’est trompé.
Auriane fixa l’être avec surprise, abasourdie par cette révélation. Comment osait-il lui avouer avec tant de désinvolture qu’il était la cause de la disparition de son frère. Et puis tout ce qu’il disait était si surréaliste qu’elle ne savait pas quoi en faire. Le jeune homme lui disait ni plus ni moins qu’il était le dieu à l’origine de toute existence. Et que son frère à elle, Auriane, était un medium qui permettrait au dieu de l’inexistence de s’emparer du monde. Le prenait-elle pour une imbécile ? Elle ouvrit la bouche, mais ne sut prononcer un mot.
Le jeune homme lui sourit avec désinvolture et continua son exposé chimérique.
- Tu avais été témoin de cet enlèvement. Et par la suite tu as appris que c’était l’Orbe qui avait été la cause et que seul en le retrouvant pouvais-tu espérer revoir Ashram Hewolf, ton frère. Tu avais raison. Cependant la mise en garde dont les Moines du Nouveau Monde t’ont fait part est tout à fait valable. Tu es le second Catalyseur, ton contact avec l’Orbe met le monde en danger puisqu’il me laisse à la merci de Shéol. Cette fois j’ai pu à nouveau le tromper. En ce moment même je suis en toi autant que tu es en moi. Dès aujourd’hui, tu es le paradis de ton monde et de toi dépend notre sort à tous. Il te faut retrouver l’Orbe et m’aider à rejoindre ma dimension.
Auriane, après un petit effort, décida finalement de jouer le jeu du jeune homme. Ainsi lui demanda-t-elle :
- Et pourquoi donc Shéol ne m’a pas tout simplement emportée aussi. Il se doutait bien qui tu te cacherais soit dans l’Orbe soit dans le Catalyseur.
- Tout à fait exact. Mais selon les règles qui sont les nôtres, il ne peut le faire. Il ne peut emporter dans sa dimension et l’Orbe et le Catalyseur, du moins sans que ce ne soit de libre choix de ce dernier. Et j’ai pu le repousser avant qu’il ne puisse me subjuguer. Car sans son Orbe il n’est pas assez puissant dans le monde des humains. Mais prudent comme je le connais, il n’ose risquer le réceptacle de son âme quitte à se perdre lui-même et à s’offrir à mon emprise. Car dès que les deux artefacts se retrouveraient dans votre monde, le combat serait incertain. Et en grand pleutre qu’il est, il n’ose un combat à la loyale… Je suis désolé, mais j’ai dû te blesser quelque peu afin d’occuper ton corps, mais n’aie crainte, la blessure cicatrisera vite !
- Quoi ?
Elle n’eut pas le temps de poursuivre la conversation. Le paradis échappait à son regard et à tous ses sens. Le bruit d’une ambulance, bientôt, s’imposa à son esprit et une voix qui ne cessait de lui crier, ce de manière si désagréable, de ne pas abandonner. Qu’est-ce que Zahar faisait donc là, à crier comme un forcené ? Et pourquoi le bruit de l’ambulance était si proche ?
Elle eut enfin la perception de son propre corps à nouveau, il n’était pas en si bon état. Une douleur absolument insupportable lui torturait la poitrine et il semblait qu’un liquide chaud s’en échappait. Elle eut peur. Allait-elle mourir si bêtement. Ceci explique peut-être cette rencontre étrange avec Eden, songea-t-elle. Hallucinations d’un futur moribond. Mais la voix de cet abruti à côté d’elle lui rappelait qu’elle était encore du monde des vivants.
- Tu l’as eu ma Louve, tu l’as bien eu cette enfoiré de Glouton, disait Zahar, en refrain, avec une note d’affection qui transparaissait dans chaque mot. T’inquiètes pas, on te ramène à la maison. Ca va aller !
C’était un abruti, mais Auriane était contente de l’avoir pour ami, le seul ami dans la gigantesque Xertès. En sa compagnie elle pouvait se permettre de s’assoupir à nouveau. Et la torpeur vint l’emporter tandis qu’elle songeait à cette improbable entrevue avec un dieu.














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