Ma note :
§ Publisher: Gollancz (1 Jun
2006)
§ Series: Gentlemen
Bastards
§ Language English
§ ISBN-10: 0575076941
§ ISBN-13: 978-0575076945

orsque je veux parler de Locke LAMORA, je ne peux empêcher des images de héros tels Arsène LUPIN
d’émerger de ma mémoire, ou encore de Giacomo dans sa Venise dévergondée et dangereuse, ou encore Robin des Bois, mais cette dernière est une comparaison à la marge.
En effet, notre héros, comme vous pouvez le lire en quatrième de couverture, n’est en rien motivé par
des désirs de justice et d’équité. Loin de là, s’il y a quelque chose qui le définit, c’est sans doute la survie et un penchant exacerbé, presque inné, pour la farce. Locke est un voleur, et ce
livre est une fresque magnifique qui suit ses aventures avec sa bande de copains dans Camorr, une ville qui rappelle les cités italiennes florissantes à la Renaissance, telles que Florence et
Venise.
Ce premier roman de Scott LYNCH est décidément une
réussite, il est le type même du roman divertissant. Les points fort qui m’ont de suite marqué et que l’on retrouve dès la lecture du très long prologue (prologue disponible d’ailleurs, et sur le
site officiel de l’auteur, et sur le site de Bragelonne pour ceux qui lisent la VF) ce sont sans doute cette constance de dialogues délicieux qui vous plongent tout de suite dans l’esprit des
personnages (presque tous munis d’un cynisme et d’un humour corrosif qui fait mouche à tous les coups) et le côté profondément décalé qui ressort du talent de l’auteur à mêler avec brio le
comique et le tragique.
Il vient que l’on peut passer du fou rire à l’attendrissement et/ou aux larmes. En effet, ce livre a de
quoi surprendre à certains tournants. En outre, l’auteur use d’un procédé que j’ai trouvé génial, mais en y repensant peut-être qu’il peut gêner certains, mais en bref il s’agit de :
l’auteur au fil du récit intercale l’actualité et le passé de manière très ingénieuse et dont le secret consiste à dévoiler le morceau du passé juste nécessaire à la compréhension complète d’une
scène actuelle. Un procédé qui n’est pas une mise en abîme mais plutôt une espèce de « mise de face ». En tant qu’apprenti écrivain, je trouve que ce genre de procédé peut s’avérer un
réel défi et arriver à le maîtriser de la sorte ne peut-être qu’applaudit.
Enfin, si vous avez envie d’évasion et de rencontrer des personnages flamboyants à la morale douteuse
mais pourtant porteur d’un certain sens de l’honneur, plongez-vous vite dans Lies Of Locke LAMORA, je pense sincèrement que vous le regretterez pas !
Quelques extraits représentatifs :
‘The point, my loves, is not to hump the subject’s leg like a dog or clutch their hand like a lost babe. Half a second of actual contact with the
subject is often too long, too long by far.’ The Thiefmaker mimed a noose going around his neck and let his tongue bulge out past his teeth. ‘You will live or die by three sacred rules. First,
always ensure that the subject is nicely distracted, either by your teasers or by some convenient bit of unrelated bum-fuckery, like a fight or a house fire. House fires are
marvellous for our purposes; cherish them. Second, minimise, and I damn well mean
minimise, contact with the subject even when they are distracted.’ He released himself from
his invisible noose and grinned slyly. ‘Lastly, once you’ve done your business, clear the vicinity even if the subject is as dumb as a box of hammers. What did I teach you?’
‘Clutch once, then run,’ his students chanted. ‘Clutch twice, get hung!’
…
‘Look here, Locke-after-your-father Lamora,’ the Thiefmaker said, ‘no ginger oil this time, I assure you, but I would greatly prefer your teases to veer sharply from the entertaining and back to the practical.’
Locke merely stared up at him and shuffled his feet.
‘I shall speak plainly, then. The other teasers are going out day after day to watch you, not to do their bloody jobs. I’m not feeding my own private theatre troupe. Get my crew of happy little jack-offs
back to their own teasing, and quit being such a celebrity with your own.’
For a time after that, everything was serene.
Then, barely six months after he arrived at the hill, Locke accidentally burned down the Elderglass Vine tavern and precipitated a quarantine riot that
very nearly wiped the Narrows from the map of Camorr.
…
‘I just want little things from you, Lamora. I want nice, neat little jobs. I want a purse here, a sausage there. I want you to swallow your ambition,
shit it out like a bad meal, and be a circumspect little teaser for about the next
million years. Can you do that for me? Don’t rob any more yellowjackets, don’t burn any more taverns, don’t start any more fucking riots. Just pretend to be a coarse-witted little cutpurse like
your brothers and sisters. Clear?’
’
Références françaises :
§ Auteur Scott Lynch
§ Série Les salauds gentilhommes
§ Titre : Tome 1 : Les mensonges de Locke LAMORA
§ Traduction
Karim Chergui
§ Editeur Bragelonne
§ Date de parution février
2007
§ Nombre de pages 551
pages
§ Format 15 cm x 23
cm
§ Illustration Benjamin Carré
§ ISBN 2352940273
— Le but, mes chéris, ce n’est pas de s’accrocher à la jambe du sujet comme un chien ou de lui prendre la main comme un gamin perdu. Une
demi-seconde de contact avec le sujet, c’est souvent trop long, bien trop long. (Le Faiseur de voleurs fit mine de se passer une corde autour du cou et laissa sa langue dépasser de sa
bouche.) Vous vivrez, ou mourrez, par ces trois lois sacrées : primo, assurez-vous toujours de bien déconcentrer le sujet, avec l’aide de vos Mariolles, ou avec celle d’une entourloupe sans
rapport – comme une bagarre ou une maison en feu. Les incendies servent nos desseins à merveille ; chérissez-les. Deuzio, minimisez, et je le dirai pas une seconde putain de fois, minimisez
le contact avec le sujet, même si vous l’avez roulé dans la farine. (Il se libéra de sa corde imaginaire et sourit d’un air entendu.) Et tertio, une fois que vous avez fait votre affaire,
barrez-vous, même si le sujet est con comme un manche. Qu’est-ce que je vous ai dit ?
— Choure une fois et sauve-toi, entonnèrent ses étudiants. Choure deux fois, fini pour toi !
…
— Écoute-moi bien, Locke-comme-ton-père-Lamora, dit le Faiseur de voleurs. Y aura pas d’huile de gingembre, cette fois, je te l’assure,
mais je préférerais grandement que tes diversions virent brusquement de bord et qu’elles passent de l’amusement au sens pratique.
Locke se contenta de lever les yeux sur lui en traînant les pieds.
— Je n’irai donc pas par quatre chemins. Les autres Mariolles sortent tous les jours pour t’observer toi, pas pour faire leur fichu
boulot. Je ne suis pas là pour entretenir une troupe de théâtre. Fais en sorte que mes joyeux branleurs retournent à leurs affaires et arrête de jouer les cabotins.
Après cette entrevue, tout se passa de façon sereine pendant un temps.
Puis, à peine six mois après être arrivé à la Colline, Locke fit accidentellement brûler la taverne Les Verres d’Antan et provoqua un
mouvement de panique à l’idée d’une épidémie qui faillit rayer les Goulets de la carte de Camorr.
…
— Je ne te demande qu’une seule chose, Lamora. Je veux de gentils petits boulots. Je veux une bourse
par-ci, une saucisse par-là. Je veux que tu ravales ton ambition, que tu la chies comme un mauvais repas et que tu sois un sympathique petit Mariolle pendant le million d’années à venir. Tu
peux faire ça pour moi ? Ne vole plus rien aux Vestes Jaunes, ne brûle plus de tavernes, ne déclenche plus de ces foutues émeutes. Fais juste semblant d’être un voleur à la petite semaine,
comme tes frères et sœurs. C’est clair ?
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